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Une borne permet aux visiteurs de l'exposition de poser des questions, auxquelles un réseau d'experts répond en différé. Retrouvez ici, pendant toute la durée de l'exposition, l'ensemble de ces questions et des réponses qui y ont été apportées.



        
  • Littoraux
  • Pollution marine
• Le continent de déchet qui flotte sur le pacifique pourrait-il échouer sur de la terre ferme habitée et mettre en danger les habitants ?
Ce que l'on appelle les continents de déchets sont des concentrations de déchets généralement de plastiques qui ont une durée de vie importante et qui se fragmentent au cours du temps. Ces concentrations qui forment - comme une soupe de plastique - résultent de courants océaniques circulaires situés au large et qui "piègent" au fur et à mesure du temps, ces particules et déchets. Ce sont donc ces courants océaniques circulaires qui en sont responsables.

Donc a priori, ces "continents" ont plutôt vocation à augmenter leur concentration au large plutôt que de se rapprocher des côtes.

Cela pose plusieurs problèmes d'autant plus que leur éloignement ne facilite pas la sensibilisation/mobilisation du public pour un nettoyage ou une réduction des apports de déchets dans la mer ! Situés bien au delà des zones économiques exclusives (ZEE) et donc en dehors des législations nationales, on ne voit pas de pays "mobilisés", ni responsables pour un futur et potentiel - voire hypothétique - nettoyage.

Il faut garder à l'esprit que ces déchets proviennent quand même du domaine terrestre et qu'une solution technique et logique serait de réduire les apports du terrestre vers le marin, ce qui relève ici des législations nationales. Pour ceci, des initatives sont en cours notamment au niveau européen avec la mise en oeuvre de la législation "Directive cadre Stratégie Milieu Marin" et sa déclinaison à l'échelle nationale. Une consultation publique a d'ailleurs lieu en ce momen (thttp://www.developpement-durable.gouv.fr/Mer-propre-mer-vivante-Les.html) !

Pour ce qui relève du grand large - et des continents de déchets actuels-, ce problème devrait être traité au niveau des conventions internationales comme la Convention Diversité Biologique (CDB), la Convention sur le Droit de la Mer ou l'ONU afin de mobiliser les pays membres et initier une réflexion collective pour traiter le problème.
  • Adaptation
• la solution afin de préserver les écosystèmes n' est-elle pas d'arrêter les recherches dans ces endroits afin de ne pas accentuer la pollution qui engendre ce genre de bouleversement ?
A l'heure actuelle, deux stratégies sont mises en oeuvre pour préserver les écosystèmes marins :

1) La Convention Diversité Biologique (CDB) a demandé à ses parties contractantes de mettre en place un réseau d'aires marines protégées à l'échelle mondiale portant sur 10% des écosystèmes marins - ce réseau doit être représentatif de la diversité de ces écosystémes. Cette stratégie part du principe que l'on ne sait malheureusement pas recréer artificiellement un écosystème compte tenu de leur complexité - il vaut donc mieux de les préserver ! Au niveau français et suite aux conclusions du Grenelle de la Mer, il a été décidé que la France - dont la responsabilité à l'échelle mondiale est très importante avec ses 11 millions de km² (2ème pays à l'échelle mondiale) développerait une stratégie nationale pour établir, d'ici à 2020, 20% de ses surfaces en aires marines protégées (dont la moitié en réserve halieutique). La stratégie nationale a été mise à jour en conséquence en 2011 et est mise en oeuvre notamment via les travaux de l'Agence Nationale des Aires Marines Protégées.

Par ailleurs, les réglementations/directives à l'échelle européenne sont mises en oeuvre selon les mêmes intentions (Natura 2000 Mer, Directive Cadre Stratégie Milieu Marin)....

2) Ceci dit, les écosystèmes marins produisent de nombreux services au bénéfice de l'homme : régulation du climat, production d'oxygène, approvisionnement avec la fourniture de nourriture comme la pêche et l'aquaculture, etc.... services dont on ne peut pas se passer ni maintenant ni à l'avenir. Dans ce contexte, il est nécessaire de développer une approche de développement durable, c'est à dire tenant compte à la fois des aspects économiques, environnementaux et sociaux. C'est ici tout l'enjeu, de développer des modalités de gestion qui permettront de pérenniser ces services issus des écosystèmes pour garantir l'avenir des prochaines générations. C'est par exemple, le débat actuel sur la nouvelle politique commune des pêches à l'échelle européenne .... Mais clairement, les exploitations actuelles comme futures doivent, dès leur conception, intégrer les coûts environnementaux comme ceux de remédiation. C'est une façon d'aborder la question des différentes "valeurs" de la biodiversité et de leur prise en compte !

Par ailleurs, il faut souligner que bon nombre de pollutions subies par l'environnement marin, ne sont pas issues d'exploitations locales, mais du transport de celles ci du domaine terrestre vers le domaine marin (via les fleuves par exemple) ou bien encore des changements globaux, ce qui justifie une approche assez globale (& analytique) des problèmes et une connaissance indispensable des interactions entre les différents écosystèmes terrestre comme marins....domaine de recherche important
• Bonjour, je me demande pourquoi le gouvernement n'a pas une part de responsabilité face à la pollution marine ? Pourquoi ne met-il pas en place des plans de relance ? Merci pour votre future réponse.
Le gouvernement et l'état français sont fortement impliqués dans la préservation des écosystèmes marins au moyen de différentes réglementations d'origine nationale, européenne et des engagements internationaux (Conventions signées par la France), de programmes de surveillance ainsi que par le développement de stratégies nationales dans ce domaine.

Les directives européennes actuellement mises en oeuvre comme Natura 2000 Mer, la Directive Cadre sur l'Eau, la Directive Cadre Stratégie Milieu Marin (DCSMM) visent toutes à une reconquête de la qualité du milieu marin pour atteindre un bon état écologique de ceux ci à des échéances de 2020. La DCSMM intègre par exemple des descripteurs sur la pollution sonore, les polluants organiques, la biodiversité, etc... Une consultation publique de cette dernière est d'ailleurs actuellement en cours (http://www.developpement-durable.gouv.fr/Mer-propre-mer-vivante-Les.html).

Suite au Grenelle de la Mer, les politiques nationales ont fait l'objet d'une mise à jour. A titre d'exemple, la stratégie nationale en matière d'aires marines protégées a été formalisée en 2011 pour une mise en oeuvre notamment par l'Agence Nationale des Aires Marines Protégées. Cette stratégie est particulièrement ambitieuse avec un objectif de protection de 20% des surfaces sous juridiction nationale (sur les 11 Millions de km²) dont la moitié en réserve halieutique (servant à la pêche)...plus ambitieuse que les objectifs internationaux déclarés de 10 % d'AMPs (Aires Marines Protégées) à l'échelle mondiale (Convention Diversité Biologique), chiffres repris par l'Union Européenne. D'autres stratégies vont dans la même direction comme la stratégie national biodiversité (SNB) également remise à jour en 2011.

Par ailleurs, de nombreux réseaux de surveillance - dont la maitrise se situe au niveau de l'Etat français - permettent l'accompagnement des politiques publiques et leurs mises à jour.

Donc, oui, il existe des plans de reconquête de la qualité du milieu marin portés par l'Etat avec notamment le soutien de la communauté scientifique comme pour la DCSMM avec l'Ifremer, l'AAMP, le CNRS (Centre Nationale de recherche scientifique), le Museum National d'Histoire Naturelle....
• Comment et pourquoi les sacs plastiques peuvent-ils faire mourir la diversité marine ?
Les rejets et polluants issus du domaine terrestre comme les sacs plastique arrivent à terme dans le milieu marin via les fleuves ou les activités côtières. Comme leur durée de vie est importante, ces sacs plastiques sont transportés par les courants marins. Ils peuvent étouffer certaines espèces lors de leurs échouage sur le littoral....

Mais ces sacs peuvent être confondus - par exemple par les tortues marines - avec les méduses qui leur servent d'alimentation. Leur ingestion par les tortues peuvent poser dans ce cas de graves problèmes (étouffement etc..).

Les débris plastiques peuvent être également ingérés par les oiseaux marins. Au fur et à mesure de leur dégradation, les plastiques se fragmentent en petites particules plus facilement ingérables par les espèces marins. Non assimilables, elles peuvent obstruer les voies digestives des animaux et devenir létales. Par ailleurs, elles peuvent également être la source de polluants chimiques qui peuvent altérer les fonctions physiologiques de la faune et la flore marine.
• Quelle est et sera la proportion de poisson d' élevage dans notre alimentation ? Gael
La situation à l'échelle mondiale en ce qui concernent les pêches et l'aquaculture est présentée sur une base annuelle par la FAO (http://www.fao.org/fishery/topic/2017/fr).

Clairement, l'alimentation en poisson résultant des pêcheries et de l'aquaculture est fortement globalisée et mondialisée avec de nombreux imports/exports de produits - que cela soit pour la consommation directe comme pour la fourniture d'élements de base pour la production d'aliments en pisciculture marine (e.g., huiles et farines de poisson). Le commerce se situe donc à l'échelle mondiale et l'UE dont la France est fortement déficitaire en produits marins - ce déficit tend à s'aggraver.

Globalement, les productions des pêcheries tendent à une stabilisation voire une décroissance en matière de pêcheries et ceci depuis les années 80s. En d'autres termes, bon nombre de stocks de pêche sont exploités pleinement ou surexploités. On ne découvre plus de "sources nouvelles" permettant des débarquements supplémentaires, à l'exception des stocks de poissons situés au niveau des mont sous marins, encore très méconnus bien que faisant l'objet d'un début d'exploitation....

Ces dernières décennies, l'aquaculture marine a fortement augmenté ses niveaux de production - permettant ainsi de compenser ceux issus des produits de la pêche actuellement stabilisés - pour répondre à la demande croissante en produits de la mer du fait de 1) la démographie galopante à l'échelle mondiale et 2) la reconnaissance de la qualité nutritive & nutritionnelle de ces produits (e.g., Oméga 3).

La gestion des pêcheries à l'échelle mondiale présente toujours de nombreuses difficultés pour atteindre un développement durable. Par voie de conséquence, il est peu probable qu'une augmentation de la production des produits de la mer provienne de ce seul secteur. L'aquaculture présente actuellement la meilleure tendance d'accroissement de production pour répondre à la demande mondiale. Donc, il est fort probable que la part de notre alimentation en poisson issue de l'aquaculture s'accroisse à l'avenir comme il en est depuis ces dernières décennies....

Il est toutefois important de souligner que ces deux activités sont totalement interdépendantes ce qui nécessite des modalités de gestion appropriées et durables pour ces deux secteurs d'activité.
• Bonjour, pourquoi fait il plus chaud sur terre que dans l'atmosphère alors que l'on se rapproche du soleil ? Pourquoi la mer absorbe t-elle du CO2 ? Merci beaucoup pour vos réponses. MT
Le rayonnement solaire émit vers la terre est soit renvoyé vers l’espace par réflexion telle une balle de ping pong qui rebondit sur un obstacle, soit absorbé sous forme de chaleur par un objet tel que les océans, la terre ou encore les nuages. La quantité d’énergie moyenne émise par ces rayonnements est de 340W/m². 80W/m² retournent immédiatement vers l’espace par réflexion par les nuages et par l’atmosphère ; c’est « l’effet parasol ». 80W/m² sont absorbés par les nuages, les gaz atmosphériques (vapeur d’eau, CO2,…). 180W/m² traversent l’atmosphère ; la plupart de ces rayons seront absorbés par les continents et les océans, les autres seront réfléchis en surface. Une partie de la chaleur emmagasinée à la surface du globe terrestre sera immédiatement restituée sous forme de rayonnement thermique dans le proche infra-rouge (IR) et absorbée par les gaz, les aérosols et les nuages, réchauffant ainsi la surface de la planète et les couches d’air qui l’entoure ; c’est « l’effet de serre naturel». Cette absorption et réémission de l’IR par la terre font qu’il s’établit un gradient vertical de température allant de 15°C en moyenne en surface de la terre à -80°C dans les couches supérieures de l’atmosphère (80km d’altitude). Les échanges d’un gaz entre deux compartiments dépendent essentiellement de la quantité de ce gaz dans l’un et l’autre des compartiments. L’échange se fera obligatoirement de celui qui en contient le plus (++) vers celui qui en contient le moins (+). Les échanges de CO2 entre la surface de l’Océan et l’atmosphère sont permanents. L’océan se comporte soir comme une source de CO2 cad qu’il rejette naturellement ce gaz dans l’atmosphère, soit comme un puits de CO2, c'est à dire qu’il l’absorbe via deux types de « pompe à carbone » : la pompe physique et la pompe biologique.
- La pompe physique : les eaux chaudes de surface d’origine tropicale se refroidissent en remontant vers les hautes latitudes (les pôles). Les basses températures facilitent alors le transfert du CO2 (plus soluble) depuis l’atmosphère (++) vers l’Océan (+). Ces masses d’eau très froides devenu trop lourdes vont alors plonger vers le fond de l’Océan, piégeant ainsi le CO2 absorbé en surface. Ces masses d’eau, nouvellement enrichies en CO2 atmosphérique, circuleront lentement en profondeur avant de remonter en surface des centaines d’années plus tard et libérer une partie du CO2 piégé.
- La pompe biologique : Le phytoplancton est un ensemble de petits organismes photosynthétiques vivant en suspension dans les eaux de surface de l’Océan. La photosynthèse est un processus qui via l’absorption de grande quantité de CO2 permet à ces organismes de fabriquer leur matière organique, riche en carbone (provenant du CO2) et nécessaire à leur développement et leur multiplication. Base de la chaine alimentaire, ses organismes seront ensuite consommés par le zooplancton, et ainsi de suite. Les pelotes fécales du zooplancton et le phytoplancton mort vont ensuite « tomber » au fond de l’Océan et sédimenter piégeant ainsi le carbone absorbé en surface.
Remarque : La consommation du CO2 par le phytoplancton permet de diminuer la quantité de ce gaz dans les eaux de surface au fur et à mesure que l’Océan l’absorbe, entretenant ainsi le puits de CO2.
  • Physique et chimie de l'océan
• Comment les courants marin influencent-ils la propagation du CO2 dans les eaux du monde entier ?
L’Océan absorbe 25% du CO2 émis chaque année dans l’atmosphère. Cette absorption ce fait via deux types de « pompe à carbone » : la pompe physique et la pompe biologique. L’influence des courants marins sur l’absorption et la propagation du CO2 dans les eaux du monde est liée à la circulation thermo-haline, acteur de la pompe physique. Son principe est assez simple : les eaux chaudes de surface d’origine tropicale se refroidissent en remontant vers les hautes latitudes. Les basses températures facilitent alors le transfert du CO2 (plus soluble) depuis l’atmosphère vers l’Océan. Ces masses de plus en plus froides sont devenues trop lourdes pour rester en surface et vont donc plonger en profondeur, pigeant ainsi le CO2 atmosphérique préalablement absorbé. Ces masses d’eau, froides, salées, riches en CO2 seront alors transportées lentement par des courants profonds à travers les différents bassins océaniques avant de remonter en surface des centaines d’années plus tard sous l’action de mélange. De nouveaux en surfaces, ces masses d’eau libéreront une partie du CO2 piégé.
  • généralités
• Comment l'eau tient-elle sur la terre quand elle est à l'envers ? Emma 8 ans
L’eau « tient » grâce à un phénomène appelé « gravité ». L’eau ne reste pas dans le verre que l’on retourne : elle tombe vers le sol car elle est attirée vers le centre de la planète Terre. Tous les objets tombent vers le sol, même un enfant qui tombe de son vélo en Nouvelle-Zélande, une île de l’autre côté de la planète par rapport à la France ; mais cette île n’est pas pour autant « à l’envers ». L’eau reste dans les océans pour la même raison : elle est attirée vers le bas, c’est-à-dire vers le centre de la Terre. Notre planète est tellement grosse qu’elle attire tout ce qui l’entoure : une étoile filante, les gouttes d’eau de pluie, un parachutiste, une pomme qui tombe de l’arbre… Mais si on met un verre d’eau dans une fusée qui décolle et s’éloigne de la Terre, l’eau ne reste pas dans le verre, elle forme une bulle d’eau qui se balade dans la fusée, le verre lui-même ne reste pas sur la table et flotte dans l’espace, comme les satellites d’observation autour de la Terre.
  • Physique et chimie de l'océan
• Un tsunami pourrait-il toucher le sud de la France ? Si oui, de combien de kilomètres pourrait-il avancer dans les terres ?
Un tsunami peut toucher le sud de la France, comme en 1979, lorsqu’une vague de 3 mètres de hauteur a frappé le littoral entre Nice et Antibes, emportant la digue d’un chantier de l’aéroport de Nice et faisant 11 morts. Au XX ème siècle, 10% des tsunamis ont eu lieu en Méditerranée, mais les vagues n’ont jamais dépassé 3 mètres car l’intensité des tremblements de terre de la région reste heureusement limitée. Toutes les régions côtières à moins de 3 mètres d’altitude sont exposées, comme la Camargue par exemple, où la mer pourrait s’avancer jusqu’à plusieurs dizaines de kilomètres dans les terres. Construire une muraille de 3 mètres de hauteur n’a aucun sens pour un événement aussi rare. Il vaut mieux alerter les populations exposées pour qu’elles évacuent les plages et se réfugient sur les hauteurs à temps. C’est le rôle du nouveau Centre d'alerte aux tsunamis pour l'Atlantique nord-est et la Méditerranée occidentale (CENALT), créé en 2012. Une alerte au tsunami pourra être lancée si nécessaire 15 minutes après le séisme. C’est suffisant quand on sait qu’un séisme près des côtes algériennes, zone la plus sensible, peut créer une vague qui mettra 1h10 à arriver sur les côtes françaises.
• Si on mettait une muraille de 4 mètres de haut le long d'une plage, protégerait-elle le reste de la plage d'un tsunami ? Alexandre, 8 ans
Une muraille de 4 mètres de haut peut protéger contre les vagues d’un tsunami à condition que celles-ci ne dépassent pas 4 mètres et si la muraille est assez solide pour encaisser le choc des vagues. La plupart des tsunamis provoque des vagues moins hautes. Mais il arrive malheureusement qu’un tsunami exceptionnel dépasse les murailles de protection prévues : la centrale nucléaire de Fukushima au Japon était prévue pour résister à une vague de 5,70 mètres, mais la première vague du tsunami du 11 mars 2011 faisait 15 mètres !

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